09 septembre 2009
Mille milliards de familles
Un grand coup de cœur cette semaine !
Écrit par Mary Ann Hoberman et magnifiquement illustré par Marc Boutavant
"Mille milliards de familles" aux éditions Gautier Languereau.
(si ce monsieur à un blog ou un site, ça m'intéresse !)
07 septembre 2009
Mère la soupe
J'aime énormément la collection Mouchoir de poche des éditions Motus.
De petites histoires à l'écriture blanche ou rouge, et posées sur du papier noir.
Tous les textes que j'ai lu dans cette collection sont beaux, émouvants, percutants, intelligents.
"Mère la soupe" ne déroge pas à cette règle. Une histoire très poétique, racontée sous la forme d'un conte universel qui devrait être lu dans toutes les écoles.
C'est l'histoire d'une petite bonne femme qui vit seule sur une île, dans une modeste cabane. Un jour, elle trouve un naufragé sur la plage. Elle ne pose aucune question, elle le porte dans sa cabane, le nourrit de sa soupe, le soigne.
L'homme, une fois guérit quittera la vieille femme, et se construira une maison pas loin d'elle.
Un autre homme échoue sur l'ile, et de nouveau Mère la soupe le recueille, sans poser de question.
Les naufragés, les âmes égarées se suivent. Des maisons se construisent. L'ile devient village... Les naufragés ne sont plus égarés, ils sont chez eux...
Peut-on oublier d'où l'on vient et les mains qui se sont tendues pour nous ? Se souvient-on des belles âmes et des leçons qu'elles nous donnent ?
Mère la soupe est une histoire de cœur, de don de soi, de générosité. Aider son prochain naturellement, sans poser de question. Accepter l'autre pour ce qu'il est ou n'est pas. Ne pas fermer sa porte à l'étranger.
Qu'aurait-on fait si il ou si elle n'avait pas été là ?
J'ai eu quelques Mères la soupe dans ma vie,
je tente de ne pas oublier et de rendre ce qu'ils ou elles m'ont donné.
Je vais lire Mère la soupe à mon Grand Loup, lui qui pourtant n'a pas besoin qu'on lui suggère de tendre la main.
24 juin 2009
Le chat chapeauté
"Ce jour-là, il pleuvait.
Il faisait froid et mauvais.
Impossible d'aller dehors,
il pleuvait encore et encore.
J'étais assis avec Sally,
on regardait tomber la pluie.
On ne savait pas quoi faire.
Qu'est-ce qu'on pouvait bien faire ?
[...]
Tout ce qu'on pouvait faire,
c'était rester assis.
Assis !
Assis !
Assis !
C'était à mourir d'ennui.
Quelle plaie cette pluie !
Soudain,
il y eut un grand BOUM.
A ce BOUM, nous avons bondi !
Et nous l'avons vu.
..."
Ce soir, Grand Loup avait ce "roman-album" entre ses petites pattes. Nous nous sommes régalés !!!
Publiée en 1957, l'humour et les illustrations de ce petit livre n'ont rien perdu de leur fraicheur.
Grand Loup a 5 ans 1/2, mais même les plus grands y trouveront de quoi manger ! Et encore. Et encore.
06 juin 2009
Mon violon argenté
Quatrième de couverture :
"Chaque jour, Franne pense au kiosque à musique de son enfance. C’est
devant ce kiosque, qu’elle a fait une promesse à sa mère. C’est là,
qu’elle a entendu pour la première fois un violon lui raconter
l’histoire d’une vague qui s’épuise à traverser l’Océan. Là enfin, que
la musique est entrée dans sa vie. Elle avait cinq ans. Aujourd’hui,
elle en a quinze et son rêve de devenir violoniste est en miettes, bon
à mettre à la poubelle.
Son marin de père refuse de l’inscrire au Conservatoire, sous prétexte
qu’il se trouve, là-bas, loin dans les terres. Franne est à l’agonie.
Doit-elle supplier ce père, plus têtu que dix mules ?
Le maudire ? Lui souhaiter le pire ?
Mettre les voiles ?
Que faire sinon jouer pour oublier ? Son violon argenté blotti au creux
de l’épaule, Franne raconte ses histoires à la mer qui l’apaise. Mais
la tempête couve, noire, menaçante.
L’Océan s’apprête à jouer une musique effroyable, capable de tout balayer, même les âmes en colère."
Aurélien Loncke, c'est l'auteur de l' Histoire d'un épouvantail débutant. C'est le père d' A la rencontre de cygnes qui m'avait tant remué déjà...
J'aime l'écriture d'Aurélien. Alors que l'on parle de notes de musique, les mots d'Aurélien sont eux des notes de poésie. Qui nous emmènent loin, chez nous, au creux de notre cœur. Parce que c'est à chaque fois ça dans son écriture : un voyage au cœur des émotions, de la nostalgie, de la poésie, de l'amour, de l'espoir, une certaine mélancolie aussi. Belle, salvatrice, nécessaire. Lumineuse, comme lui.
Alors, quant il est venu me voir il y a quelques mois avec enveloppé dans un joli papier cadeau son dernier roman, je l'ai reçu avec joie et émotion. Certaine du bonheur que j'allais vivre à le lire. Mais je ne l'ai pas lu tout de suite. Parce que j'étais enceinte et incapable de me concentrer, parce que mon esprit était ailleurs, je n'ai pas voulu le gâcher, le lire à demi. Je voulais lui faire honneur, et me plonger avec délice dans ce nouveau bijou et profiter de chaque mot, de chaque sensation. Cela a pris du temps. Le livre ne m'a jamais quitté cependant. Toujours avec moi dans mon sac. De temps en temps je le sortais et en lisais quelques lignes. Un peu comme on va humer une bonne tablette de chocolat que l'on garde pour le bon moment. A mon congé maternité, je l'ai libéré. Il passait du salon à la chambre, toujours en vu. Bien sûr, je l'ai pris avec moi à la maternité. Bien sûr je n'ai pas pu le lire à ce moment là, mais il était près de moi.
Quand bébé est arrivé, je ne dormais que rarement jamais plus de 3 heures d'affilé. Pas encore le bon moment.
Et puis, depuis quelques jours, Bébé fait ses nuits. La Rencontre approchait. Après autant d'attente, n'allais-je pas être déçue ?
Je l'ai pris. Me suis blottie confortablement, câlée pour ne plus avoir à bouger pendant tout le temps qu'allait durer ma lecture. Il n'était pas question que quoi que se soit me coupe de ce moment. Bébé endormi près de moi, je l'ai ouvert, et j'ai lu :
"Je me demande souvent si des musiciens sont en train de jouer dans ce kiosque au centre du parc, ..."
Et je me suis laissée prendre. Comme à chaque fois. L'écriture est belle, simple, poétique. Les tourmentes que vit Franne, je les ai ressenties un jour. Ce désespoir, cette colère, ces moments où le temps parait suspendu dans l'attente d'un renouveau, d'un rayon de soleil, d'un espoir que les choses changent. L'injustice et l'incompréhension face aux décisions d'un adulte à qui l'on doit obéir. Sans comprendre ses motivations. La lenteur et le silence du temps qui passe. La colère qui retombe. Les minuscules changements qui s'opèrent quand l'inquiétude de l'absence commence à poindre son nez. Cet amour de la mère disparue. Cet amour du père maladroit, souvent absent. Quelques mots pour dire l'amour du père qui m'ont bouleversée. Je ressors apaisée de ce roman. J'ai refermé le livre. La musique est toujours là.
Merci.
Merci.
18 juillet 2008
Le Miraculeux voyage d'Edouard Tulane
Le Miraculeux Voyage d'Edouard Tulane
de Kate DiCamillo
illustré par Bagram Ibatoulline
Editions Tourbillon, collection Histoires Universelles
De 9 à 99 ans !!!!!
"Edouard Tulane est un jouet ; mais pas n’importe
lequel, c’est un lapin de porcelaine. Et, comme tous les jouets du
monde il ne parle pas, ne bouge pas, mais il pense. Il pense tout
bas...
Edouard, qui n’a jamais aimé que le reflet de sa propre image dans
la vitre du salon, va être entraîné dans une série de mésaventures
inattendues.
Tour à tour, il coule au plus profond de l’océan, se retrouve
sous un tas d’ordures, accompagne la plus douce des petites filles dans
ses derniers instants. Au comble du désespoir, Edouard est partagé
entre abandon et persévérance.
C’est la vie qui lui montrera le chemin à suivre et il réalisera un peu plus chaque jour ce qu’aimer veut dire.
Un vrai parcours initiatique pour les petits... et les grands."
J'ai plongé dans ce merveilleux livre comme j'aurais re-plongé dans mon enfance !
J'ai énormément de tendresse pour le personnage d'Edouard...
Le texte de Kate Dicamillo est merveilleusement servi par les superbes illustrations de Bagram Ibatoulline...
Un vrai beau livre d'enfance !
J'ai hâte que mon petit Loup ait l'âge pour le relire avec lui !
A lire avec vos enfants ou vos petits enfants :
Vous allez vous régaler !!!
"Avec ce nouveau conte initiatique, la romancière américaine Kate
DiCamillo aborde le délicat sujet de l'apprentissage de l'amour. Le
roman explore méthodiquement les émotions d'un lapin de porcelaine aimé
par toutes les personnes à qui il a appartenu, sans jamais leur donner
d'amour en retour, ni ayant même jamais songé. Il en sera puni. Jouet
de luxe au départ, Edouard Tulane dégringole l'échelle sociale à
vitesse grand V : il se retrouve dans le sac d'un vagabond,
épouvantail, jeté dans une décharge publique... Edouard Tulane connaît
de multiples déboires (perdu, abandonné) et vit des expériences très
difficiles (mort d'une petite fille qui l'adorait) avant de se
retrouver dans le magasin d'un vendeur de poupées de porcelaine.
Cette retraite forcée l'oblige à réfléchir, à faire un retour sur
lui-même pour comprendre et accepter que l'amour est un sentiment
complexe (joies et peines) qui se vit dans la réciprocité. Même si le
propos de Kate DiCamillo est un peu rapide, Le Miraculeux Voyage
d'Edouard Tulane parvient à mener le lecteur dans des aventures
extraordinaires, un peu à la manière des romans anglais du XIXe siècle.
D'une écriture limpide, Kate DiCamillo sait retranscrire les
atmosphères pesantes ou heureuses et la diversité des émotions de ses
personnages, relayées par les belles illustrations de Bagram
Ibatoulline. L'auteur prête à ce lapin hors du commun des
questionnements existentiels alors qu'elle ne lui donne ni la parole,
ni le pouvoir de se mouvoir (ni les membres, ni les yeux). Kate
DiCamillo concentre l'attention sur l'essentiel sans possibilité
d'échappatoire. Le lecteur ressent l'étau dans lequel semble se trouver
Edouard Tulane, tel un nouveau-né emmailloté, car, c'est bien d'une
naissance dont il s'agit ici, celle de l'acquiescement aux sentiments."
Article paru dans la revue "Le matricule des Anges" n°88
A noter toute la collection de Tourbillon, qui a réussi à nous offrir de vrais beaux livres dans une collection très abordable !!!

Vous noterez aussi que "La case de l'oncle Tom" est illustré par un certain ...
Arthur Leboeuf ...
Mais si vous savez qui est ce jeune homme :
Alors ?
10 juillet 2008
HELLLLLLLLLLLP !!!!!!!
Vous vous souvenez de ce livre ?
(Benjamin L. : tu devrais vraiment lire ce livre je crois !!!
Il devrait te rendre dingue autant que moi et te fasciner tout autant !!!!)

La disparition d'Anastasia Cayne...
Petit rappel, j'en avais parlé là...
Et bien il est en train de me rendre dingue !!!!!
Pas moyen de trouver le fin mot de l'histoire !!!
Le très mystérieux Gregory Galloway est un PUR génie et il est macchiavélique !
Si quelqu'un a un indice, qu'il se manifeste !
Les sites internet dédiés à Anna ne trouvent pas,
les indices que l'on reçoit par mail via le site officiel nous rendent marteaux !!!!
Aidez-moi s'il vous plait !!!!
Je vais perdre la raison !
20 juin 2008
On ne jette pas les bisous à la poubelle !
Illustrations :
Amandine Grandcolas
Editions
La Maison de Léna
"C'est l'histoire d'un bisou fait du bout des lèvres qui un jour tombe sur le plancher ... sans hésiter il est jeté à la poubelle !
Le bisou bravera tous les dangers, le sac poubelle tout noir, les chiens, le vent, et même les gens qui ne font de bisous depuis trop longtemps...
Le bisou va t-il réussir à s'échapper ? Va-t-il retrouver sa place sur une jolie joue ?
Un album qui aborde avec tendresse les thèmes de l'amour et de l'écologie"
quatrième de couverture
J'aime énormément cet album qui aborde deux thèmes chers à mon coeur :
l'amour et l'écologie donc !
Ce petit bisou vite fait-vite reçu, va connaitre un voyage tumultueux avant de trouver le sens de son existence. Mais il ne se décourage pas ! Un bisou, même petit, a beaucoup d'amour et de force, un bisou "ne meurt pas" ... Un bisou trouve toujours le chemin des coeurs qui ont besoin de lui...
Un bisou, même tout petit, même fatigué par la vie, aura la force de réunir deux coeurs usés amnésiques...
Un bisou ramène le soleil dans nos âmes encrassées de dur quotidien...
Un bisou tout petit, discret pour les uns, devient un trésor inestimable pour d'autres !
La double lecture des aventures de ce bisou nous rapprochera d'une certaine humanité, d'un soucis de l'autre, d'un soucis de l'environnement aussi !
Les couleurs d'Amandine Grandcolas, tout en verts, rouges et gris ne sont d'ailleurs pas sans rappeler ces 2 maitres mots : environnement, amour.
J'aime particulièrement les illustrations d'ailleurs. Il y a beaucoup de symbolique... Dans les couleurs principalement, mais il y a aussi cette solidarité, cette solitude, cette incompréhension, cette habitude aveugle des petits signes d'affection quotidiens que l'on donne sans y penser vraiment, que l'on reçoit tout aussi distraitement ...
Ce petit peu d'amour qui illumine un ciel gris pour peu que l'on sache où regarder.
L'écologie aussi.
En effet, en suivant le bisou, on suit également la fameuse poubelle !
Et puis, ce petit bisou aussi est recyclable ! Avec un petit rien, on fabrique un grand tout.
Offrez ce petit bijou à ceux qui vous sont chers ...
Prenez tout ce qu'il a à vous donner : beaucoup !
Vous penserez à lui la prochaine que vous donnerez/recevrez un bisou... je vous le garantis.
14 juin 2008
La disparition d'Anastasia Cayne
Traduction de Nathalie Peronny (Bonjour à sa soeur Sylvie ! ;-))
"Anna Cayne préfère qu'on l'appelle Anastasia, aime Houdini le prestidigitateur, élabore des codes secrets et des énigmes, s'habille tout en noir et passe son temps à écrire de fausses nécrologies sur les habitants de la ville.
Quand je suis tombé amoureux et qu'elle a mystérieusement disparu, j'ai commencé à recevoir des messages codés que seule Anastasia aurait pu m'envoyer..."
Quatrième de couverture
Voilà.
Je me suis complètement laissée emportée par ce roman extrêment bien construit !
J'en ressors troublée. Frustrée aussi.
Je ne vous gâcherais pas le plaisir en dévoilant la disparition d'Anna, puisque c'est le titre même de l'ouvrage... Cette disparition donc est aussi étrange, troublante, fascinante, frustrante que l'est sa protagoniste.
Nous ne connaissons pas le nom de notre jeune narrateur, mais il y a un indice à ce sujet : son prénom commence par un G. D'autres éléments (que je ne vous donnerais pas ;-)) laissent à penser qu'il s'agirait ... de l'auteur lui-même : Gregory Galloway !
Parce que d'indices, le récit en est archi-truffé !
Ils sont l'essence même de ce roman. La clef de la disparition d'Anastasia EST dans ces indices. Seulement voilà. Le lecteur (moi, vous) doit travailler lui aussi ! Comme le narrateur ("G." donc), je m'interroge, je reviens en arrière, je tente de trouver des LIENS dans des événements discrets mais bizarres... Et il y en a quelques uns !!!
Et puis... Moi lectrice, j'arrive à éclaircir une énigme que "G." lui n'a pas résolu... Et j'ai donc une clef qu'il n'a pas. Peut-être ai-je compris ce qu'il est advenu de cette jeune-fille qui me fascine tout autant qu'elle le fascine lui !
Grédory Galloway séme ses petits cailloux de manière diaboliquement intelligente, on se laisse prendre encore plus loin que notre protagoniste. On a le bras enfoncé jusqu'au coude dans le pot de Nutella !
Qui sont vraiment Anastasia, "G." ou même Gregory Galloway ??!!!
Je me suis prise au jeu. J'ai fait des recherches sur internet, comme "G." l'a fait. J'ai établi les connexions, je me suis réellement passionnée !
Et là encore, j'y pense. Je retourne la question. Mon hypothèse est-elle la bonne ? Ai-je fait l'impasse sur un indice crucial ?
Je rêve d'en débattre. J'aimerai rencontrer Gregory Galloway et avoir une bonne discussion avec lui. Parce que OUI, vraiment, ce jeune-homme est diaboliquement intelligent !
Alors, d'après vous : qu'est-il vraiment arrivé à Anastasia ?
Je vous pose la question, car bien que ce roman soit sorti en jeunesse, il y a une énigme (essentielle, vitale, celle qui pourrait donner toutes les réponses !!!) qui n'est je pense résolvable que si l'on a lu un roman d'un certain A.M.... Hors, A.M. est un auteur adoré japonais que les ados ne lisent pas en principe ...
Pour résumer donc : j'ai adoré ce livre ! Je suis super frustrée, et je suis admirative.
Je me dis aussi que je verrais bien une sorte d'album-beau livre sortir de cette petite chose... Un album où l'on retrouverais dissiminés les indices, chansons, cartes postales, photos, énigmes qu'Anna envoie à G. Oui... j'aimerais bien ça !
01 mai 2008
L'été de Garmann
L'été de Garmann de Stian Hole (Albin Michel Jeunesse)
"C'est la fin de l'été, les trois vieilles tantes arrivent comme chaque année avec leur arthrose et leur gâteau meringué. Demain Garmann va entrer au CP. Il a peur.
Mais il fait cette découverte incroyable : les adultes aussi ont peur !"
Cet album extraordinaire aborde avec poésie, humour et tendresse, quelques grandes questions de la vie.
quatrième de couverture
J'ai eu ce livre dans les mains il y a quelques jours, et, au premier regard, il m'a franchement déroutée ... Les illustrations inhabituelles m'ont d'abord presque dérangée...
Mais l'impact était suffisamment fort pour que je plonge dans cette histoire.
ET QUELLE PLONGEE !!!
Je suis rentrée comme dans un gant dans le récit de Garmann !
J'ai retrouvé ces petites peurs de l'enfance qui font qu'on a des "petits papillons noirs dans le ventre" à la veille d'un jour important.
J'ai adoré ces trois vieilles tantes tellement belles avec leur rides et leurs sourires d'enfant !
Je me suis retrouvée dans la maman qui porte sa belle robe rouge d'été.
J'ai compris le papa qui ne peut pas toujours être là quand il le voudrait.
"Tante Iseline a de nombreuses rides et de longs poils blancs sur le menton. Garmann se dit que les rides ressemblent aux cernes des troncs d'arbres. Du bout de l'index, il suit sur la peau blanche et fine de tante Iseline une veine qui lui court le long du dos de la main. Les aveugles lisent avec les doigts, songe Garmann. Il ferme les yeux. La peau lui fait l'effet d'une feuille de papier très fin. Tante Iseline se réveille en sursaut et remet son dentier en place. "Tu as été enfant, un jour ?" lui demande Garmann. Elle réfléchit longuement. Une libellule suspend son vol. Tante Iseline sourit. Elle dit : "Oui, il y a cent cinquante ans ..." Puis elle pouffe et son rire secoue sa poitrine."
Cet album a besoin de temps pour apprivoiser son lecteur, mais finalement, on aime très vite cet univers hors du commun.
Et puis, j'y pense à cet album depuis que je l'ai vu la première fois...
Il tourne dans ma tête... Ses mots, ses images...
Ils sont bien là.
Et sans que j'en prenne vraiment conscience, Garmann et sa famille se sont logés dans mon coeur...
Tout doucement, durablement, avec beaucoup, beaucoup d'amour !
Car c'est avant tout de cela qu'il s'agit :
d'un amour simple et immense dans une jolie famille,
dans les derniers jours de l'été,
quand le temps n'a pas encore repris sa course folle...
21 avril 2008
La voleuse de livres

"La voleuse de Livres" de Markus Zusak, Pocket.
"Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s'est arrêtée.
Est-ce son destin d'orpheline dans l'Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ?
Ou bien sa force extraordinaire face aux évènements ? A moins que ce ne soit son secret... Celui qui l'a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres..."
Quatrième de couverture.
Comme je suis heureuse d'avoir lu ce livre !!! Je suis vraiment tombée sous le charme !
L'histoire est originale, humaine, poétique et tous les personnages restent ancrés dans ma tête comme autant de figures d'humanité dans un monde rongé par la haine et le chaos...
Quelle guerre vivaient les allemands ?
Quelle vie pour ceux d'entre eux qui haïssaient Hitler et ce qu'il faisait au monde ?
Quelle vie et quel espoir pour ces pauvres gens qui comme d'autres devaient trouver un moyen de survivre tout en restant fidèle à leur coeur ?
Parce qu'il y a eu aussi cette guerre là.
Parce qu'il y avait aussi ces familles, ces enfants, ces pères et mères...
Parce qu'il y avait cette Allemagne là bien sûr.
Liesel est une petite fille comme les autres. Mais son destin mêlé de tragique et d'amour est exceptionnel.
Car c'est l'amour que l'on retient de ce livre avant tout.
L'amour d'un père tellement immense qu'il balaie tout le reste...
L'amour d'une mère brusque mais irremplacable...
L'amour sans borne d'un ami qui sera capable de tout avec les moyens qu'on lui donnera...
L'amour de l'humanité quoi qu'il se passe, quelle que soit sa forme...
Des parcelles de bonheur qui aident à tenir coûte que coûte...
Et ces livres et ces mots évidemment essentiels.
Cette fascination des livres que Liesel éprouve et qui sera sa meilleure arme. Celle qui la sauvera...
Un vrai beau récit.
Une leçon.
Une histoire qui reste.
J'ai longuement hésité quant à la catégorie où "ranger" ce petit bijou...
J'ai finalement opté pour les lectures jeunesse... MAIS, que les adultes ne passent pas leur chemin ! Ce livre se lit comme une fable... Oserais-je dire un conte philosophique ?
Et puis, il y a aussi la catégorie "Tim Burton's Club"...
Peut-être est-ce parce que je viens de finir 2 romans qui rentrent pleinement dans cette catégorie (ceux bien sûr de Mathias Malzieu... ) ... Pourtant, je verrais bien Mr Burton s'approprier cette histoire...
Ce sont bien ses couleurs que l'on retrouve dans la Voleuse de Livres... (le rouge, le blanc, le noir...)
Ces deux univers s'accorderaient plus que bien.... Mais peut-être est-ce juste un effet de mon état d'esprit actuel....
Quoi qu'il en soit : ne passez pas à côté de la "Voleuse de Livres", cette histoire là pourrait bien vous accompagner longtemps !




